dimanche 20 novembre 2011

Ce vide-là absorbait tout comme un trou noir, c'était un vide intergalactique, un vide épais, un vide d'ogre.
Comment tu vas ? Bien, comme un dimanche soir et toi ? Oh bien. Je me remets doucement de hier soir. Ah.
C'est horrible. Je ne sais pas quoi dire, ni à qui, ni comment, ni où, ni pourquoi, ni quand... Je ne sais pas. Je suis perdue, je suis éblouie, je suis loin. Cette balade nocturne devient banale, je connais le chemin par cœur. Je m'accroupis contre le grillage, j'allume. Chaque soir, encore et encore. J'ai envie d'une fête foraine, d'entendre les rires des gens, des enfants, des parents inquiets, des jeunes qui se chamaillent. Et moi je suis dans quelle catégorie ? J'hésite. Je vote pour l'enfant perdu, avec les parents inquiets qui courent derrière. "Tu es sûre que tu vas bien ? Tu peux tout nous dire, ne te renferme pas, sors Justine ! Pourquoi tu ne racontes pas tout à Papa ?" Mais j'ai plus rien à vous dire, j'ai plus de voix. Laissez-moi respirer déjà, on en reparlera après. Change la chanson, change-la. Elle est horrible, insupportable. Je vois ton reflet. J'y aurais pas cru, jamais de la vie, il y'a 2/3 ans. Je vous aurais traité de fou, d'idiot. J'aurais sûrement souri, levé les yeux au ciel, ou je vous aurais frappé parce que je vous haïssais déjà. Et dans 5 ans quand vous serez face à moi, je frapperai parce que je vous haïrais toujours, j'espère. J'en ai marre, mon dieu, de ce cœur qui ne bat plus. Tout va déjà mieux. T'as pas le droit de fermer les yeux. Viens on se couche dans l'herbe, viens on court dans la rue, viens on saute le plus haut possible, etc. Non y'a pas d'ordonnance, la folie ça se soigne pas je crois, je ne sais pas. Tout se bouscule.

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